L’enfance me revient : poème

Je me souviens du temps où j’allais à l’école
Je riais tout le temps, j’avais des idées folles
J’aimais l’encre violette qui me tatouait les doigts
Mais aussi mon Huguette pour qui j’étais le Roi.
Du haut de mes dix ans je croyais tout savoir
C’est beau d’être un enfant on a tous les pouvoirs.
Ma maîtresse jolie qui répétait cent fois
De peur que je n’oublie, “il était une fois”.
Aussi ces caramels qui me gâtaient les dents
Et les bonbons au miel et les mistrals gagnants.
Je me souviens aussi des pupitres de bois
Dessus j’avais écrit; “Je n’aimerai que toi”!
Cette odeur de cire qui sentait la rentrée
Je m’entends bien te dire:”prête-moi ton cahier”
Mes poches étaient percées à cause des noisettes
Que l’on allait chiper au jardin “de la chouette”.
Et le vieux marronnier au milieu de la cour
Avec un cœur gravé pour mon premier amour
Je voudrais revenir au temps de l’innocence
Pour faire ressurgir tous mes copains d’enfance
Le bon vieux Barnabé pas plus haut que trois pommes
Mais où sont-ils passés tous ces joyeux bonhommes?
Dans le fond du grenier j’ai gardé le cartable
Du petit écolier parfois si détestable
Qui usait ses culottes à se trainer par terre
Et qui claquait la porte en jouant à la guerre.
Il y avait Maman qui me pardonnait tout
Quand les genoux en sang je revenais chez-nous.
Je lui cueillais la fleur qui était la plus belle
Qu’elle posait sur son cœur au-dessus des dentelles
L’odeur de confiture qui gonflait mes narines
Dieu que d’éclaboussures pour faire une tartine!
J’avais un beau buvard, un joli porte-plume
J’étais un peu bavard, je rêvais sous la lune.
Je voyais des martiens, des petits hommes verts
Je me sentais si bien le nez dans la poussière!
On pêchait la grenouille dans l’étang de Bébert
Nous n’étions pas des nouilles, on savait bien y faire
Pas besoin de télé pour inventer la terre
Nous avions des idées à na savoir qu’en faire.
Quand Noël arrivait je lustrais mes chaussures
Les yeux rivés en l’’air, ah la belle aventure.
Mais où était-il donc ce sacré Père-Noël?
On demandait pardon de nos pêchés au ciel
On n’avait peur de rien et l’on croyait en tout.
On était tous copains, l’amitié avant tout.
Pourquoi faut-il grandir et sortir de l’enfance,
Pourquoi doit-on partir aux quatre coins de France?
Mais que sont devenus mes dix ans de bohème?
Où sont-ils disparus tous mes amis que j’aime?
Est-ce que par la pensée… de moi ils se souviennent?
Je n’ai rien oublié… je suis presque… le même!
Sur la carte du temps que je ne connais pas
J’aimerais bien savoir le comment du pourquoi
Le temps efface tout, pourtant je me souviens
Des larmes sur mes joues… l’enfance me revient!

Arlette Février-Muzard.

9 Thoughts to “L’enfance me revient : poème”

  1. Marie Jeanne Barse

    Bonjour,

    Avoir Arlette Février-Muzard résidante sur Génis des Fontaines est un honneur, une richesse.
    N’y à t’il au sein de notre Municipalité un service culturel qui devrait s’intéresser à cet écrivain auteur de nombreux
    livres et prix.
    La recevoir, la faire connaître, la présenter aux habitants de notre village et dans notre école qu’attendez vous
    Messieurs, Mesdames les Elus qu’un autre village des alentours vous devancent.

  2. Hubert caroline

    Merveilleux poème… Quel talent, il faut continué…. Il est magnifique…

    1. arlette Février-Muzard

      “MERCI” Caroline, La poésie est un mystère, comme l’âme de ceux qui l’écrivent, comme la flamme olympique, il y a la flamme de la poésie, lueur éternelle qui se doit de transmettre l’invisible en dévoilant ce qui ne se voit pas, sans limite de tout et de rien, car l’essentiel est invisible! Poétiquement tienne, Arlette Février-Muzard.

  3. arlette Février-Muzard

    MERCI Laurent c’est très gentil à vous… juste un détail .. moi c’est “Arlette” en souvenir de la belle ville d’Arles, je suis ravie si mon petit poème a réveillé en vous des souvenirs d’enfance, c’était mon but! Bonne journée, courage aujourd’hui le ciel pleure mais… demain il fera beau! Poétiquement vôtre…. Arlette.

  4. arlette Février-Muzard

    “MERCI” à Dominique BERNES, la plus merveilleuse des journalistes que je connaisse, les années passent mais nous restons fidèles à nous mêmes, à nos rêves … ici … il n’y a pas beaucoup de poètes… on doit rêver plus sous la lune que sous le soleil … en ce moment ce derniers’amuse avec les nuages et le ciel a bien du chagrin alors peut-être… qu’il y aura une légère amélioration… Je n’ai rien oublié.. bonjours à Archibald et à ceux que j’aime… au plaisir de se revoir… bisouSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

  5. Laurent Counord

    Félicitations Huguette pour ce superbe poème. Il ne nous manque plus que les odeurs. Bravo !

  6. Bernès Dominique

    Arlette… on n’a pas envie d’en sortir de ton poème…les buvards publicitaires, l’encre versée avec une bouteille à bec dans les encriers…les blouses… la corde à sauter, les osselets… on était si loin des tablettes !!!! Bravo encore

    1. arlette Février-Muzard

      “MERCI3 sophie SUPER GENTIL!

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